{"id":488,"date":"2023-09-25T20:47:44","date_gmt":"2023-09-25T18:47:44","guid":{"rendered":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/?p=488"},"modified":"2023-09-25T21:05:45","modified_gmt":"2023-09-25T19:05:45","slug":"le-retour-a-reims-une-oeuvre-au-service-des-remois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/?p=488","title":{"rendered":"Le Retour \u00e0 Reims, une \u0153uvre au service des R\u00e9mois"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Reims&nbsp;: ville-martyre qui a pay\u00e9 de sa destruction la rage d&rsquo;un ennemi impuissant \u00e0 s&rsquo;y maintenir. Population sublime qui, \u00e0 l&rsquo;exemple d&rsquo;une municipalit\u00e9 mod\u00e8le de d\u00e9vouement et de m\u00e9pris du danger, a montr\u00e9 le courage le plus magnifique en restant plus de trois ans sous la menace constante des coups de l&rsquo;ennemi et en ne quittant ses foyers que sur ordre.&nbsp;\u00bb Citation de juillet 1919 accompagnant la remise de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur et la Croix de guerre \u00e0 la ville par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Raymond Poincar\u00e9. Le m\u00e9decin Jean-Baptiste Langlet est maire de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s le d\u00e9but de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, les obus tombent dans les diff\u00e9rents quartiers de Reims, des avions ennemis jettent des bombes sur la ville. L\u2019intensit\u00e9 est parfois \u00e9norme, dix \u00e0 douze obus explosifs ou incendiaires \u00e0 la minute. Les maisons s\u2019\u00e9croulent. La cath\u00e9drale Notre-Dame, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises par les obus, s\u2019enflamme le 19 septembre 1914. Beaucoup de R\u00e9mois fuient, nombre de ceux qui restent perdent la vie. En 1918, les derniers habitants sont \u00e9vacu\u00e9s, le conseil municipal s\u2019installe \u00e0 Paris. Le bilan est terrifiant&nbsp;: selon le recensement de 1911, 115&nbsp;178 personnes vivaient \u00e0 Reims dans 13&nbsp;806 logements, seulement 5&nbsp;000 ont surv\u00e9cu, une cinquantaine d&rsquo;immeubles sont habitables. Reims est qualifi\u00e9 de ville martyre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"644\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/141-cathedrale-Reims-1024x644.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-485\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/141-cathedrale-Reims-1024x644.jpg 1024w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/141-cathedrale-Reims-300x189.jpg 300w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/141-cathedrale-Reims-768x483.jpg 768w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/141-cathedrale-Reims-1536x966.jpg 1536w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/141-cathedrale-Reims-920x578.jpg 920w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/141-cathedrale-Reims.jpg 1632w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Apr\u00e8s l\u2019incendie, la vo\u00fbte du transept<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 29 septembre 1914, Georges Hippolyte se trouve dans la r\u00e9gion de Reims. \u00ab&nbsp;<em>Je pars avec 400 chevaux et 120 hommes et grad\u00e9s pour le front entre Fismes et Reims. Voyage relativement rapide. Notre itin\u00e9raire&nbsp;: Guer, Messac, Rennes, Vitr\u00e9, Laval, Sill\u00e9-le-Guillaume, Alen\u00e7on, Surdon, Laigle, Conches, \u00c9vreux, Mantes, Meulan, Argenteuil, Noisy-le-Sec, Nanteuil-le-Haudouin, Cr\u00e9py-en-Valois, Villers-Cotter\u00eats, Tro\u00ebsnes, F\u00e8re-en-Tardenois, Bazoches. Je laisse les chevaux \u00e0 Fismes, Jonchery et Muizon \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de Reims, les trains ne vont pas plus loin. Depuis Villers-Cotter\u00eats, le canon se rapproche. Toute la journ\u00e9e, il grondera.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 1<sup>er<\/sup> octobre, il \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>\u00c0 Muizon, je re\u00e7ois le bapt\u00eame du feu&nbsp;: un taube lance une bombe sur la gare o\u00f9 je suis pr\u00e8s du train sanitaire. Pas de bobo. Je fais le coup de feu avec un Lebel, mais sans succ\u00e8s. Nous repartons le soir par le train sanitaire, tous feux \u00e9teints, \u00e0 petite vitesse et sans siffler. Nous allons passer par un plus long chemin qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;aller&nbsp;: Bazoches, Oulchy-Breny, Ch\u00e2teau-Thierry, Dormans, \u00c9pernay, Vertus, F\u00e8re-Champenoise, S\u00e9zanne, Esternay, Coulommiers, Tournan, Nogent-sur-Marne, Villeneuve-Saint-Georges, Juvisy, Palaiseau, Versailles, Rambouillet, Chartres, La Loupe, Nogent-le-Rotrou, Le Mans, Sill\u00e9-le-Guillaume, Laval, Rennes, Messac et Guer. Nous sommes de retour \u00e0 Guer le 3 octobre \u00e0 8 heures du soir o\u00f9 l&rsquo;on vient me chercher en voiture. Nous avons \u00e9t\u00e9 attrist\u00e9s de d\u00e9couvrir les ravages et les tombes des champs de bataille en Champagne. L&rsquo;affrontement a d\u00fb \u00eatre terrible.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"651\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/142-mitrailleuse-dinfanterie-Reims-1024x651.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-486\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/142-mitrailleuse-dinfanterie-Reims-1024x651.jpg 1024w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/142-mitrailleuse-dinfanterie-Reims-300x191.jpg 300w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/142-mitrailleuse-dinfanterie-Reims-768x488.jpg 768w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/142-mitrailleuse-dinfanterie-Reims-1536x977.jpg 1536w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/142-mitrailleuse-dinfanterie-Reims-2048x1303.jpg 2048w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/142-mitrailleuse-dinfanterie-Reims-920x585.jpg 920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Mitrailleuse d\u2019infanterie en action d\u00e9fendant une route pr\u00e8s de Reims<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s que les trains recommencent \u00e0 circuler, les premiers retours des R\u00e9mois se font. Les miracul\u00e9s, affaiblis, aspirent \u00e0 rentrer chez eux. Ils veulent contribuer au d\u00e9blaiement des ruines, \u00e0 la reconstruction de leur Cit\u00e9 des Sacres, au renouveau industriel. Ils sont riches d\u2019espoir et d\u2019ardeur, mais pauvres du n\u00e9cessaire. On construit \u00e0 la h\u00e2te des baraquements en bois et chacun part \u00e0 la d\u00e9brouille, \u00e0 la recherche d&rsquo;un matelas, d&rsquo;une table, de chaises, de ravitaillement. Toute initiative est bienvenue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le Retour \u00e0 Reims<\/em>, association loi 1901, est officiellement fond\u00e9 \u00e0 la fin du mois de novembre 1918 pour leur venir en aide. Son but est de \u00ab&nbsp;permettre, faciliter et adoucir aux habitants de notre pauvre ville la rentr\u00e9e, la r\u00e9installation bien pr\u00e9caire dans cette grande cit\u00e9 d\u00e9truite&nbsp;\u00bb. Il \u0153uvrera discr\u00e8tement durant quatre-vingts ans \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie des plus d\u00e9munis, s\u2019adaptant sans cesse aux besoins nouveaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le Retour \u00e0 Reims<\/em> na\u00eet de la volont\u00e9 de quatre femmes, amies, sensibles \u00e0 cette mis\u00e8re physique et morale&nbsp;: la comtesse Bertrand de Mun, madame Jeanne Krug, mademoiselle Marie-Cl\u00e9mence Fouriaux et mademoiselle Blanche Cavarrot. Elles organisent les secours et les premi\u00e8res actions de solidarit\u00e9. Elles installent b\u00e9n\u00e9volement une cantine dans les sous-sols de l&rsquo;\u00e9cole professionnelle de la rue Libergier o\u00f9 les R\u00e9mois se pressent, chaque jour de plus en plus nombreux. Puis un dortoir devient vite n\u00e9cessaire. D&rsquo;autres b\u00e9n\u00e9voles se joignent \u00e0 elles, unissent leurs forces, s&rsquo;\u00e9puisent, manquent de moyens. La client\u00e8le est trop importante.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"280\" height=\"429\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/143-Retour-a-Reims.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-487\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/143-Retour-a-Reims.jpg 280w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/143-Retour-a-Reims-196x300.jpg 196w\" sizes=\"auto, (max-width: 280px) 100vw, 280px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019affiche est dessin\u00e9e par un Poilu. Elle t\u00e9moigne de la d\u00e9tresse d\u2019une famille \u00e0 son retour. Son logement a disparu dans les ruines. Elle ne poss\u00e8de plus rien. L\u2019homme courbe le dos, la femme pleure. Leur fils semble les entra\u00eener \u00e0 rebondir apr\u00e8s cette terrible \u00e9preuve. Il croit en l\u2019avenir, il les invite \u00e0 tout recommencer, \u00e0 suivre la direction de sa main pour trouver de l\u2019aide. Des aides spontan\u00e9es arrivent de toute part. Les dons sont re\u00e7us 9, boulevard de la Paix. Le plus humble Fran\u00e7ais ouvre g\u00e9n\u00e9reusement son porte-monnaie&nbsp;; le monde \u00e9conomique se mobilise&nbsp;; les nations alli\u00e9es s&rsquo;\u00e9meuvent. L&rsquo;\u0152uvre re\u00e7oit de deux Am\u00e9ricaines, Miss Porter et Miss Benett, la cantine de l&rsquo;avenue de Laon, install\u00e9e dans les grandes salles de classe, plac\u00e9e sous l\u2019intendance des demoiselles Fouriaux et Cavarrot. Chaque jour, plus de mille repas sont servis. Les petites salles de classe sont transform\u00e9es en cuisine, magasins de victuailles, boucheries. De nombreuses autres cantines fonctionneront par la suite dans les diff\u00e9rents quartiers de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Maison de th\u00e9 ouvre sur le parvis de la cath\u00e9drale d\u00e9truite. La g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 se fait plus grande devant ce monument bless\u00e9, visit\u00e9 par de nombreux Fran\u00e7ais et \u00e9trangers venus se rendre compte des d\u00e9g\u00e2ts. Ils prennent une collation, ach\u00e8tent des cartes postales et versent leur obole si pr\u00e9cieuse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mobilier, literie, vaisselle, linge, comestibles, encombrent les trottoirs. Il devient urgent de stocker les tonnes de marchandise au sec. Un local qualifi\u00e9 de magasin est enfin trouv\u00e9 au 9, boulevard de la Paix pour les entreposer. La population peut venir y chercher ce dont elle a besoin, mobilier, vaisselle, linge, alimentation. Une fabrique de matelas fonctionne sans rel\u00e2che gr\u00e2ce au crin fourni par la Croix-Rouge. \u00ab&nbsp;Aider promptement, aider tout le monde sans distinction de classe, aider moralement autant que mat\u00e9riellement, aider sans donner compl\u00e8tement&nbsp;\u00bb sont les principes fondateurs du magasin de secours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parall\u00e8lement au magasin, se cr\u00e9e un ouvroir o\u00f9 des femmes ayant du temps libre s&rsquo;offrent \u00e0 r\u00e9aliser des travaux d&rsquo;aiguilles. Tout en travaillant, on discute, on conseille, on informe, on s&rsquo;entraide et petit \u00e0 petit, le magasin se transforme en bureau de placement. Les demandes en mat\u00e9riel tendent \u00e0 dispara\u00eetre, mais pas les sollicitations pour un conseil, une d\u00e9marche, une recherche d&#8217;emploi, orientant tout naturellement <em>Le Retour \u00e0 Reims<\/em> vers le service social.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face \u00e0 la p\u00e9nurie de denr\u00e9es, les bienfaitrices s&rsquo;attellent \u00e0 l&rsquo;alimentation des b\u00e9b\u00e9s. Des consultations de nourrissons, \u201cla Goutte de lait\u201d qui existait d\u00e9j\u00e0 boulevard Carteret depuis 1907, cr\u00e9\u00e9e par Jeanne Krug et madame Goulden, se r\u00e9organise et agit dans les diff\u00e9rents quartiers o\u00f9 des b\u00e9n\u00e9voles s&rsquo;acharnent \u00e0 lutter contre la mortalit\u00e9 infantile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le principe de \u201cla Goutte de lait\u201d est d\u2019approvisionner les m\u00e8res en rations de lait et de les inciter \u00e0 fr\u00e9quenter les consultations de nourrissons hebdomadaires sous la houlette d&rsquo;un m\u00e9decin et d&rsquo;une infirmi\u00e8re, au cours desquelles sont dispens\u00e9es les r\u00e8gles \u00e9l\u00e9mentaires d&rsquo;hygi\u00e8ne et de pu\u00e9riculture. Des primes sont allou\u00e9es pour le troisi\u00e8me nourrisson inscrit et pour le sixi\u00e8me nouveau-n\u00e9 vivant. En contrepartie de leur assiduit\u00e9, elles emportent de la layette, un colis alimentaire et des produits de toilette. Les biberons sont st\u00e9rilis\u00e9s et pr\u00e9par\u00e9s par le personnel \u00e0 partir de lait sec fourni par l&rsquo;\u0153uvre am\u00e9ricaine <em>Free milk for France<\/em> \u00e0 cause de la p\u00e9nurie de lait de vache. \u00ab&nbsp;We want your help for free milk for France.&nbsp;\u00bb Les b\u00e9n\u00e9voles du <em>Retour \u00e0 Reims<\/em> les distribuent dans la ville, ils sont rep\u00e9r\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 leur bicyclette garnie de paniers, une couleur par quartier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Rapidement, les consultations engloutissent les finances. Si les m\u00e9decins sont b\u00e9n\u00e9voles, les infirmi\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es en pu\u00e9riculture sont r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es. Des p\u00e9riodes dramatiques s&rsquo;ensuivent, durant lesquelles l\u2019\u0152uvre recourt aux lib\u00e9ralit\u00e9s, organise des manifestations de bienfaisance pour renflouer les caisses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Conditionn\u00e9 par le contexte, <em>Le Retour \u00e0 Reims<\/em> \u00e9volue, soul\u00e8ve les montagnes&nbsp;: il implante des consultations pr\u00e9natales, planifie des s\u00e9ances de vaccinations, attribue des secours, effectue des entretiens \u00e0 domicile, et l&rsquo;ouvroir remplit toujours son r\u00f4le, il emploie plus de cent cinquante personnes. En 1934, l\u2019association recrute des assistantes sociales. \u00c0 la longue, les subventions, al\u00e9atoires, augmentent d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9\u2026, baissent par ailleurs\u2026, elles sont insuffisantes pour couvrir les charges \u00e9crasantes et les r\u00e9mun\u00e9rations. Les d\u00e9ficits s&rsquo;accroissent, le personnel se sacrifie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand la Seconde Guerre mondiale \u00e9clate, <em>Le Retour \u00e0 Reims<\/em> est au c\u0153ur de toutes les batailles&nbsp;: d\u00e9p\u00f4t de nourriture pour b\u00e9b\u00e9s, centres d&rsquo;accueil, pr\u00e9paration de l&rsquo;\u00e9vacuation, distribution de v\u00eatements, de nourriture, de charbon, de m\u00e9dicaments, cr\u00e9ation de pouponni\u00e8res pour mettre les enfants en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la guerre, l&rsquo;\u00c9tat, par arr\u00eat\u00e9s pr\u00e9fectoraux, reconna\u00eet l&rsquo;action de l&rsquo;\u0152uvre et lui confie la protection maternelle et infantile destin\u00e9e \u00e0 enrayer la mortalit\u00e9 infantile tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Conseil d&rsquo;administration, pr\u00e9sid\u00e9 par Lucile Ardon, \u00e9nergique et efficace, se battra opini\u00e2trement pour d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats de l&rsquo;\u0152uvre et am\u00e9liorer les salaires des assistants sociaux, inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux de la profession. Il fid\u00e9lisera le personnel par l&rsquo;octroi de bourses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1984, le service social devient comp\u00e9tence du Conseil g\u00e9n\u00e9ral qui, avide de rationalisation, malgr\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 du travail effectu\u00e9 par <em>Le Retour \u00e0 Reims<\/em>, n&rsquo;entend pas fonctionner avec cet embarrassant partenaire priv\u00e9 et conventionn\u00e9 qu&rsquo;il maintient quand m\u00eame jusqu&rsquo;en 1992, date \u00e0 laquelle l&rsquo;\u0152uvre perd ses consultations de nourrissons, sa halte-garderie et son personnel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jusqu&rsquo;en 1999, <em>Le Retour \u00e0 Reims<\/em> restera au service de la population par la distribution de secours \u00e0 ceux qui manquent de tout. Il aide \u00e0 payer la cantine scolaire, finance le s\u00e9jour \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel d&rsquo;un sans-abri, r\u00e8gle un loyer, une facture d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, avance une caution\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s trente ans de pr\u00e9sidence, Lucile Ardon demande la dissolution de l&rsquo;association. Le patrimoine est transmis \u00e0 des \u0153uvres de m\u00eame nature&nbsp;: l&rsquo;Entr&rsquo;aide protestante, \u0153uvre reconnue d&rsquo;utilit\u00e9 publique qui distribue des repas aux plus d\u00e9munis&nbsp;; Habitat et humanisme, association qui favorise l&rsquo;insertion des personnes en difficult\u00e9 en leur offrant un logement d\u00e9cent&nbsp;; le Secours catholique, dans la logique d&rsquo;une \u00e9troite collaboration de tout temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019association est dissoute le 16 f\u00e9vrier 1999. Le 15 d\u00e9cembre 2011, Catherine Vautrin remet l&rsquo;insigne de Chevalier de l&rsquo;Ordre National du M\u00e9rite \u00e0 Lucile Ardon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-purple-color\"><strong>Pour livrer le bon combat, il faut \u00eatre bien vivant, c\u2019est-\u00e0-dire se tenir sur la br\u00e8che, toujours en \u00e9veil, pr\u00eat \u00e0 profiter de toutes les occasions qui s\u2019offrent, enclin \u00e0 s\u2019adapter aux n\u00e9cessit\u00e9s de l\u2019heure, en rejetant r\u00e9solument tout esprit de routine, cette poussi\u00e8re qui s\u2019infiltre si volontiers dans les \u0153uvres et ne tarde pas \u00e0 les paralyser pour les ensevelir ensuite.<\/strong>&nbsp;<\/mark>\u00bb Comtesse de Mun.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Reims&nbsp;: ville-martyre qui a pay\u00e9 de sa destruction la rage d&rsquo;un ennemi impuissant \u00e0 s&rsquo;y maintenir.&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-488","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ma-chere-marie-therese"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/488","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=488"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/488\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":494,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/488\/revisions\/494"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=488"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=488"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=488"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}