{"id":243,"date":"2022-03-12T07:19:10","date_gmt":"2022-03-12T06:19:10","guid":{"rendered":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/?p=243"},"modified":"2022-12-05T17:27:44","modified_gmt":"2022-12-05T16:27:44","slug":"meme-charlotte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/?p=243","title":{"rendered":"M\u00e9m\u00e9 Charlotte"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque ses parents se marient le mercredi 18 septembre 1889 \u00e0 Saint-Martin-aux-Buneaux, Paul Philbert Cavelier, domestique, et Marie Eug\u00e9nie Verdi\u00e8re, tisserande, Charlotte a d\u00e9j\u00e0 huit mois. Elle s&rsquo;appelle Charlotte Marie Verdi\u00e8re, du nom de sa m\u00e8re. Ses parents la reconnaissent dans leur acte de mariage pour leur enfant l\u00e9gitime.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Charlotte riait toujours et s\u2019exprimait bruyamment dans le patois du Pays de Caux, elle parlait le cauchois.<br>\u00c9mile Baray, s\u00e9duit par cette jolie Normande s\u00e9millante, l\u2019\u00e9pouse le 21 janvier 1917 lors d\u2019une permission. \u00c9mile sera bless\u00e9 \u00e0 Nanteuil-la-Fosse (Nanteuil-la-For\u00eat) le 9 mai 1917 et \u00e9vacu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Ch\u00e2teau-Gontier avec une grave plaie au mollet gauche.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Charlotte allait bien, m\u00eame au pire de son \u00e2ge. Sa joie de vivre&nbsp;? Elle tirait profit de ce qui l&rsquo;entourait, la famille Duraton \u00e0 qui elle donnait rendez-vous chaque soir pour \u00e9couter les chamailleries de chacun, la voiture qui passait dans le chemin et qu&rsquo;elle reconnaissait, les amis qui lui rendaient visite et \u00e0 qui elle offrait des biscuits et un verre de Bordeaux. Elle attendait impatiemment le passage des commer\u00e7ants ambulants&nbsp;: le boulanger, le minist\u00e8re (Familist\u00e8re), le boucher. C&rsquo;\u00e9tait pour elle l&rsquo;occasion d&rsquo;avoir des nouvelles des connaissances \u00e9loign\u00e9es de sa rue ou tout simplement de bavarder un peu. Elle s&rsquo;approvisionnait aussi \u00e0 l&rsquo;\u00e9picerie d&rsquo;Auberville situ\u00e9e au quatre-chemins, une \u00e9picerie-caf\u00e9-taxi-poste-tabac. Dans cette boutique, elle a connu les gaousses (yaourts) aromatis\u00e9s aux fruits, devenus son p\u00e9ch\u00e9 mignon. Elle avait cinq petits bonheurs&nbsp;: le puits, la cuisini\u00e8re, la comtoise, la cl\u00e9 de son armoire et le buis des rameaux. Elle chouchoutait amoureusement sa <em>Godin<\/em> qui lui garantissait la chaleur, cuisait les repas, maintenait le caf\u00e9 au chaud et, disposant d&rsquo;un r\u00e9servoir et d&rsquo;un robinet, distribuait de l&rsquo;eau br\u00fblante pour d\u00e9graisser la vaisselle, du premier janvier au trente et un d\u00e9cembre. Son caf\u00e9 bu, elle la r\u00e9curait pour qu&rsquo;elle reluise et pestait contre les gouttes qui fr\u00e9tillaient sur la fonte polie. \u00c0 maintes reprises, elle s&#8217;emparait du tisonnier, soulevait les ronds pr\u00e9cautionneusement et examinait l&rsquo;\u00e9tat de la flamme&nbsp;: sa cuisini\u00e8re avait-t-elle du bois et du charbon en suffisance&nbsp;? Elle la faisait ronfler, puis elle maniait la cl\u00e9 sur le tuyau pour r\u00e9gler le tirage. Charlotte Cavelier \u00e9tait un art de vivre, une philosophie de l&rsquo;existence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sans le savoir, elle a \u00e9t\u00e9 pour ses trois petites-filles une figure d\u2019attachement, un substitut parental qui leur a permis \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte de se comporter le plus normalement possible. Elle leur prouvait qu\u2019il \u00e9tait possible d\u2019amadouer le destin, qu\u2019il fallait oser. \u00c0 ses c\u00f4t\u00e9s, elles apercevaient l&rsquo;\u00e9claircie. Bien que son temps \u00e9tait compt\u00e9, elle savait s&rsquo;arr\u00eater de travailler pour passer quelques heures avec elles \u00e0 jouer aux dominos ou \u00e0 faire un dessert d\u00e9licieux ou bien encore les emmener chez une de ses connaissances. En cachette de son mari et de sa fille, elle leur donnait quelques pi\u00e8ces pour acheter des bonbons. Elle savait remarquer leur mine chiffonn\u00e9e par une migraine ou un rhume et leur confectionnait une boisson compos\u00e9e de beaucoup d&rsquo;eau et d&rsquo;une goutte de calvados pour faire passer le mal. De r\u00e9aliser qu&rsquo;elle se pr\u00e9occupait de leur mine les gu\u00e9rissait de leurs maux bien avant d&rsquo;ing\u00e9rer son \u00e9trange boisson salutaire.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/56-Charlotte-et-Emile.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-238\" width=\"655\" height=\"355\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/56-Charlotte-et-Emile.png 405w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/56-Charlotte-et-Emile-300x162.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 655px) 100vw, 655px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Charlotte Cavelier et \u00c9mile Baray<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Extrait du livre <em>Les jeudis muets&nbsp;<\/em>: \u00ab&nbsp;Super M\u00e9m\u00e9 Charlotte&nbsp;! Elle a cent bras, infatigable, elle \u00e9volue indiff\u00e9remment des travaux domestiques \u00e0 ceux de l&rsquo;exploitation, efficace en toute circonstance, et ne s&rsquo;octroie pas de r\u00e9pit, la journ\u00e9e jamais achev\u00e9e, jamais assez remplie&nbsp;: elle remonte l&rsquo;eau du puits, moissonne jusqu\u2019au lever de la lune, coltine les ballots de paille pour les b\u00eates en hivernage, \u00e9pand du foin dans les r\u00e2teliers, baratte lait en cr\u00e8me et cr\u00e8me en beurre, les poignets rompus, les paumes calleuses, elle courbe le dos sous la pluie, \u00e9vacue le fumier dans les \u00e9tables, aide les veaux \u00e0 na\u00eetre, d\u00e9verse le grain dans la basse-cour et glane dans les champs de l&rsquo;herbe pour les lapins. Dans l&rsquo;intervalle, elle taquine la braise, ajoute une pellet\u00e9e de charbon, frotte ses mains au-dessus de la cuisini\u00e8re quand le gel lui mord les doigts, d\u00e9marre son fricot, effectue une cr\u00e8me aux \u0153ufs ou une teurgoule roborative, retape son lit, apprivoise le soleil au bord des fen\u00eatres qu&rsquo;elle entreb\u00e2ille, sur lesquelles elle diss\u00e9mine des miettes de pain pour ses merlettes et ses m\u00e9sanges. M\u00e9m\u00e9 rondelette, les seins lourds de ses deux maternit\u00e9s.<br>Elle trait les vaches qui passent l&rsquo;hiver \u00e0 l&rsquo;\u00e9table. Elle les interpelle, les amadoue, effleure leur mufle humide. Ces pr\u00e9liminaires indispensables \u00e0 sa s\u00e9curit\u00e9 termin\u00e9s, elle s&rsquo;assoit sur le tr\u00e9pied, le seau cal\u00e9 fermement entre les cuisses et les genoux, une main puis l&rsquo;autre tirant, pressant et rel\u00e2chant les trayons \u00e0 un rythme rapide. Et le lait ruisselle en une m\u00e9lodie \u00e0 notes longues, plus fluette \u00e0 mesure que le niveau de liquide mousseux s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve dans le r\u00e9cipient. Elle r\u00e9prime leur nervosit\u00e9, les flatte en leur tapotant le garrot ou la croupe, en position pour esquiver un sabot imp\u00e9tueux qui la d\u00e9stabiliserait et renverserait le seau.<br>Chaque soir elle vend son lait, ses \u0153ufs et son beurre bouton d&rsquo;or qui sue dans des jarres. Elle soul\u00e8ve son tablier et les esp\u00e8ces disparaissent dans <em>la<\/em> poche de sa blouse. Dans la seconde poche, celle de gauche, elle enfouit son mouchoir \u00e0 carreaux bleu p\u00e9trole, imbib\u00e9 d&rsquo;eau de Cologne \u00e0 la lavande, la cl\u00e9 de la laiterie et celle de son armoire dont les gonds g\u00e9missent \u00e0 l&rsquo;ouverture. Une armoire en ch\u00eane achet\u00e9e sit\u00f4t leur mariage pour y enserrer son trousseau, le linge d&rsquo;\u00c9mile, ses \u00e9conomies, la bo\u00eete \u00e0 biscuits en fer-blanc et la bouteille de bordeaux entam\u00e9es. Magnifique, orn\u00e9e de moulures et d&rsquo;un panier de fleurs sur les portes qu&rsquo;une f\u00ealure horizontale traverse. Les ann\u00e9es la meurtrissent de chocs. Pour se disculper des innombrables maladresses dont elle est victime, elle l&rsquo;enduit de cire d&rsquo;abeille et la bouchonne.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/57-ferme-Emile-Charlotte-vers-1940-1024x772.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-239\" width=\"653\" height=\"492\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/57-ferme-Emile-Charlotte-vers-1940-1024x772.jpg 1024w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/57-ferme-Emile-Charlotte-vers-1940-300x226.jpg 300w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/57-ferme-Emile-Charlotte-vers-1940-768x579.jpg 768w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/57-ferme-Emile-Charlotte-vers-1940-1536x1157.jpg 1536w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/57-ferme-Emile-Charlotte-vers-1940-2048x1543.jpg 2048w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/57-ferme-Emile-Charlotte-vers-1940-920x693.jpg 920w\" sizes=\"auto, (max-width: 653px) 100vw, 653px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">La ferme d\u2019\u00c9mile et Charlotte \u00e0 Auberville-la-Manuel vers 1940, sol en terre battue, murs en torchis<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les privations, l\u2019angoisse, la Seconde Guerre mondiale s\u2019impriment sur les visages. Charlotte savait que le destin frappe n&rsquo;importe o\u00f9 et sans pr\u00e9venir, sa famille en a \u00e9t\u00e9 victime lors du premier conflit. En juin 1940, les Allemands ont envahi les communes du canton, elle en tremblait d&rsquo;\u00e9voquer la violence des bombardements, les batailles sanglantes relat\u00e9es. Lorsque les mitrailleuses ont cr\u00e9pit\u00e9 de Cany \u00e0 F\u00e9camp, ils ont d\u00e9tach\u00e9 le b\u00e9tail et baiss\u00e9 les cl\u00f4tures pour qu&rsquo;il ne cr\u00e8ve pas de faim sur la parcelle. \u00ab&nbsp;Advienne que pourra&nbsp;\u00bb, a lanc\u00e9 \u00c9mile en invoquant le Ciel et en attrapant sa topette de calva. Ils se sont repli\u00e9s au Vicly o\u00f9 ils ont couru \u00e0 toutes jambes dans les champs, pris en chasse et mitraill\u00e9s par un avion \u00e0 croix gamm\u00e9e volant en rase-mottes. Les balles sifflaient, traversaient le sol \u00e0 un millim\u00e8tre d\u2019eux. \u00ab&nbsp;Dans la raie&nbsp;!&nbsp;\u00bb, avait ordonn\u00e9 \u00c9mile, et ils s\u2019\u00e9taient aplatis, en nage, dans le sillon d\u2019un labour tout frais qui les a prot\u00e9g\u00e9s. Les canons allemands bombardaient sans discontinuer Saint-Val\u00e9ry-en-Caux. \u00c9mile, \u00e0 la d\u00e9claration de guerre, avait dit que s\u2019ils \u00e9taient contraints de s\u2019enfuir tous les quatre, ils se cacheraient au Vicly et nulle part ailleurs, une cavit\u00e9 de repli hautement s\u00e9curis\u00e9e, dans le vallon, \u00e0 mi-chemin entre Veulettes-sur-Mer, Malleville-les-Gr\u00e8s et Auberville-la-Manuel, une marni\u00e8re dissimul\u00e9e sous les ronciers et buissons d\u2019o\u00f9 ils apercevraient la colline d\u2019Auberville.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/58-octobre-1941-mere-et-fille-1024x672.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-240\" width=\"654\" height=\"429\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/58-octobre-1941-mere-et-fille-1024x672.png 1024w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/58-octobre-1941-mere-et-fille-300x197.png 300w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/58-octobre-1941-mere-et-fille-768x504.png 768w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/58-octobre-1941-mere-et-fille-920x604.png 920w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/58-octobre-1941-mere-et-fille.png 1102w\" sizes=\"auto, (max-width: 654px) 100vw, 654px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Octobre 1941, m\u00e8re et fille, les visages de la guerre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Charlotte croyait aux esprits malveillants. Elle craignait les revenants si la lumi\u00e8re restait allum\u00e9e, si le puits \u00e9tait mal ferm\u00e9, si la porte n&rsquo;\u00e9tait pas \u201cbarr\u00e9e\u201d. Elle attribuait \u00e0 certains animaux dont les chats, les hiboux des pouvoirs particuliers. L&rsquo;\u00e9chelle, le marc de caf\u00e9, le fer \u00e0 cheval, le sel, alimentaient ses superstitions. Elle touchait du bois pour conjurer le mauvais sort.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Charlotte emmenait ses petites-filles lorsqu&rsquo;elle allait voir sa famille ou ses amis, notamment sa cousine de Paluel ou \u00e0 l&rsquo;<em>Hermitine<\/em> chez sa s\u0153ur Alice. L&rsquo;<em>Hermitine<\/em> \u00e9tait une usine \u00e0 Vittefleur qui fabriquait un d\u00e9sinfectant. Alice y \u00e9tait ouvri\u00e8re et y demeurait. Charlotte oubliait un instant la duret\u00e9 de sa vie et ceux qu&rsquo;elle rencontrait oubliaient la leur, tant son rire \u00e9tait communicatif. Chacun l\u2019appr\u00e9ciait. Elle marchait tr\u00e8s vite dans le bruissement de ses blouses, \u00e0 travers les herbages, entre Auberville-la-Manuel et Paluel, ou entre Auberville et Vittefleur. Ses petites-filles la suivaient tant bien que mal, elles filaient doux sous la menace d&rsquo;une branche d&rsquo;orties que Charlotte tenait en main, mais qui ne fouettait que ses blouses. Aujourd&rsquo;hui, les champs ont disparu, Paluel est devenu un centre de production nucl\u00e9aire. Paluel, dont le nom vient de palus qui signifie marais, est un ancien territoire mar\u00e9cageux souvent envahi par la mer et transform\u00e9 en champs fertiles par les moines de l&rsquo;abbaye de F\u00e9camp qui poss\u00e9daient au Moyen \u00c2ge les bois, les champs et les \u00e9glises de la vall\u00e9e. Charlotte n&rsquo;a pas connu la centrale construite en 1976 qui a boulevers\u00e9 tout l&rsquo;environnement. Vingt-trois communes autour de Paluel ont profit\u00e9 de cette manne nucl\u00e9aire pour am\u00e9nager des trottoirs, des places, d\u00e9corer les rues avec de nombreux luminaires, cr\u00e9er des \u00e9quipements sportifs.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/59-Charlotte-en-1966-1006x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-241\" width=\"579\" height=\"589\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/59-Charlotte-en-1966-1006x1024.jpg 1006w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/59-Charlotte-en-1966-295x300.jpg 295w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/59-Charlotte-en-1966-768x782.jpg 768w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/59-Charlotte-en-1966-1509x1536.jpg 1509w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/59-Charlotte-en-1966-2012x2048.jpg 2012w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/59-Charlotte-en-1966-920x937.jpg 920w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/59-Charlotte-en-1966.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 579px) 100vw, 579px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Charlotte puisant de l\u2019eau en 1966<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9mile et Charlotte se sont arr\u00eat\u00e9s d\u2019exploiter en 1955, ne gardant que deux vaches. Ils ont vendu leur ferme et se sont retir\u00e9s dans une petite maison voisine, situ\u00e9e dans le m\u00eame chemin.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/60-Charlotte-Emile.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-245\" width=\"583\" height=\"565\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/60-Charlotte-Emile.png 499w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/60-Charlotte-Emile-300x291.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 583px) 100vw, 583px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Charlotte, Mouflette et \u00c9mile sur leur terre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 20 mars 1975 Charlotte d\u00e9c\u00e8de, le premier d\u00e9c\u00e8s de l&rsquo;ann\u00e9e enregistr\u00e9 dans la commune. Son arri\u00e8re-petite-fille, Blandine, porte son pr\u00e9nom en deuxi\u00e8me. Ceux qui ont aim\u00e9 \u00c9mile et Charlotte ou qui en ont entendu parler par leurs parents, d\u00e9posent de temps en temps, dans la plus grande discr\u00e9tion, quelques pots de fleurs au pied de leur tombe. Pour nombre d&rsquo;entre nous, Charlotte est une r\u00e9f\u00e9rence, on interroge ses yeux bleu-vert-gris (sa petite-fille et filleule, Annie, a les m\u00eames), on se confesse \u00e0 elle, on invoque son appui. Elle se pare d\u2019indulgence pour nous, elle f\u00e9licite, elle sermonne en y mettant de la circonspection, elle nous absout, elle ponctue ses phrases d&rsquo;un \u00e9poustouflant rire juv\u00e9nile cristallin qui se prolonge dans la galette de son chignon, c&rsquo;est l\u00e0 sa coquetterie. Nous puisons notre \u00e9nergie dans l\u2019ovale du m\u00e9daillon, dans sa physionomie mutine que l&rsquo;on devine ceinte d&rsquo;un nimbe et \u00ab&nbsp;l&rsquo;coup deux heu chra forch\u00e9ment bon&nbsp;\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque ses parents se marient le mercredi 18 septembre 1889 \u00e0 Saint-Martin-aux-Buneaux, Paul Philbert Cavelier, domestique,&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-243","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-portraits"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/243","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=243"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/243\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":437,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/243\/revisions\/437"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=243"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=243"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=243"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}