{"id":214,"date":"2018-03-03T19:03:00","date_gmt":"2018-03-03T18:03:00","guid":{"rendered":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/?p=214"},"modified":"2022-12-05T17:35:57","modified_gmt":"2022-12-05T16:35:57","slug":"fernand-hippolyte-mort-pour-la-france-enfant-de-bapaume","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/?p=214","title":{"rendered":"Fernand Hippolyte, mort pour la France, enfant de Bapaume"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son nom est grav\u00e9 dans la pierre du monument aux morts de Bapaume parmi les 96 soldats morts pour avoir d\u00e9fendu leur pays et les 25 victimes civiles. Le 7<sup>e<\/sup> de l&rsquo;ann\u00e9e 1916, il se situe entre Louis Normand et Arthur Pi\u00e8que.<br>Fernand Hippolyte, classe 1904, matricule 186 au recrutement d&rsquo;Arras, \u00e9tait caporal-mitrailleur au 273<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d&rsquo;infanterie.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/45-Monument-morts-Bapaume-1024x658.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-209\" width=\"655\" height=\"421\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/45-Monument-morts-Bapaume-1024x658.jpg 1024w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/45-Monument-morts-Bapaume-300x193.jpg 300w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/45-Monument-morts-Bapaume-768x493.jpg 768w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/45-Monument-morts-Bapaume-1536x987.jpg 1536w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/45-Monument-morts-Bapaume-2048x1316.jpg 2048w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/45-Monument-morts-Bapaume-920x591.jpg 920w\" sizes=\"auto, (max-width: 655px) 100vw, 655px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Monument aux morts de Bapaume<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fernand est n\u00e9 \u00e0 Bapaume, il porte le pr\u00e9nom d&rsquo;un fr\u00e8re qui n&rsquo;a v\u00e9cu qu&rsquo;un mois, il y travaillait, ayant succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 son p\u00e8re dans l&rsquo;entreprise familiale d&rsquo;habillement et confection <em>Au Franc Picard<\/em> rue d&rsquo;Arras. Uni \u00e0 Germaine Bardoux originaire de Beauvois-en-Cambr\u00e9sis, il \u00e9levait leur fils Marcel, \u00e2g\u00e9 de 2 ans, en \u00ab&nbsp;bon p\u00e8re de famille&nbsp;\u00bb. Le dimanche 27 septembre 1914, il l&rsquo;a serr\u00e9 dans ses bras, a embrass\u00e9 sa femme avec une pens\u00e9e pleine d&rsquo;amour pour le petit \u00eatre qui na\u00eetrait en d\u00e9cembre prochain, il a gliss\u00e9 quelques photos de sa famille dans son portefeuille, il a jet\u00e9 un coup d&rsquo;\u0153il \u00e0 son magasin qui allait continuer de tourner sans lui, il a dit au revoir \u00e0 ses amis de Bapaume et le voil\u00e0 parti sur les routes, l\u00e0 o\u00f9 on le lui a demand\u00e9. Il a 30 ans. C&rsquo;\u00e9tait ses derniers pas devant sa maison, les derniers embrassements, la derni\u00e8re vision de son village et de son magasin, ses derni\u00e8res salutations aux amis, il ne reviendra pas, il ne sera plus qu&rsquo;un num\u00e9ro matricule, un num\u00e9ro de r\u00e9giment avec un trait de crayon sur sa dignit\u00e9 humaine. Tu ob\u00e9is ou t&rsquo;es mort.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-rounded\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/46-Portrait-Fernand-880x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-210\" width=\"440\" height=\"512\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/46-Portrait-Fernand-880x1024.jpg 880w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/46-Portrait-Fernand-258x300.jpg 258w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/46-Portrait-Fernand-768x894.jpg 768w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/46-Portrait-Fernand-1320x1536.jpg 1320w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/46-Portrait-Fernand-1760x2048.jpg 1760w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/46-Portrait-Fernand-920x1071.jpg 920w\" sizes=\"auto, (max-width: 440px) 100vw, 440px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fernand Hippolyte, un style distingu\u00e9, une \u00e9l\u00e9gance raffin\u00e9e<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-vivid-cyan-blue-color has-text-color wp-block-paragraph\"><strong>29 mars 1916, extrait de la lettre de Fernand \u00e0 Marie-Th\u00e9r\u00e8se : \u00ab&nbsp;Quelle idiotie de faire sortir des hommes au repos par un temps pareil&nbsp;! Par surcro\u00eet, on nous force \u00e0 porter les cheveux ras. J&rsquo;ai fait couper les miens tout \u00e0 l&rsquo;heure, bien oblig\u00e9&nbsp;! C&rsquo;est \u00e7a le m\u00e9tier militaire&nbsp;: on passe des revues de cheveux, par le g\u00e9n\u00e9ral de brigade, s&rsquo;il vous pla\u00eet, mais on ne s&rsquo;occupe pas si tu as une culotte trou\u00e9e. Je m&rsquo;ennuie fort de ne pas avoir de nouvelles de Bapaume, aussi le cafard me tient.&nbsp;\u00bb<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-cyan-blue-color has-text-color wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab&nbsp;Mon cher Georges,<br>Tu seras le parrain de notre second et Marie-Th\u00e9r\u00e8se, la marraine. Car, de m\u00eame que je t&rsquo;avais promis de veiller sur les tiens alors que j&rsquo;\u00e9tais libre, je te demande le m\u00eame service si je venais \u00e0 dispara\u00eetre, puisque tu es \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;abri pour l&rsquo;instant et moins expos\u00e9 que moi. Cette double promesse me rassure.<\/strong> <strong>Bon courage et bonne sant\u00e9. Je t&#8217;embrasse de tout c\u0153ur. Fernand.&nbsp;\u00bb 24 juin 1916.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 20&nbsp;juillet 1916, \u00e0 7 heures du matin, il entra\u00eene ses hommes \u00e0 l&rsquo;assaut dans le secteur de Vermandovillers, le Bois \u00c9toil\u00e9 et le Bois Trink. Il se trouve \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres de sa ville natale. La lutte est terrible. Sa vie s&rsquo;arr\u00eate vers 7 heures 30 \u00e0 Bois \u00c9toil\u00e9, Soy\u00e9court, d\u00e9c\u00e8s constat\u00e9 le 24 juillet 1916.<br>Fernand et son ami Eug\u00e8ne Defurne dans l&rsquo;enfer des combats de Verdun se sont fait une mutuelle promesse de recueillir les derni\u00e8res volont\u00e9s et les objets personnels de celui qui tomberait le premier, de pr\u00e9venir la famille et de s&rsquo;assurer du lieu o\u00f9 il repose. Eug\u00e8ne Defurne s&rsquo;est acquitt\u00e9 de cette t\u00e2che ingrate. Eug\u00e8ne Defurne est mort \u00e0 Hargicourt le 26 septembre 1916.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Extraits des correspondances d&rsquo;Eug\u00e8ne Defurne \u00e0 Georges ou \u00e0 son p\u00e8re&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;C&rsquo;est pour tenir la promesse que j&rsquo;en avais faite \u00e0 Fernand il y a longtemps, que j&rsquo;ai la douloureuse mission de vous \u00e9crire aujourd&rsquo;hui. J&rsquo;aurais pu m&rsquo;acquitter de ce p\u00e9nible devoir il y a quelques jours d\u00e9j\u00e0, mais je ne voulais pas croire \u00e0 l&rsquo;irr\u00e9parable, j&rsquo;esp\u00e9rais malgr\u00e9 tout. Pourtant, devant l&rsquo;\u00e9vidence, je dois m&rsquo;incliner et m&rsquo;ex\u00e9cuter&nbsp;: vous informer que mon meilleur camarade, mon cher Fernand, n&rsquo;est plus. Il a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 le 20 juillet en montant \u00e0 l&rsquo;adversaire.&nbsp;\u00bb<br>\u00ab&nbsp;Fernand et moi \u00e9tions li\u00e9s par une amiti\u00e9 solide que les souffrances communes n&rsquo;avaient fait que fortifier.&nbsp;\u00bb<br>\u00ab&nbsp;O\u00f9 repose-t-il&nbsp;? Le seul t\u00e9moin de sa mort est un adjudant qui d\u00e9couvrit son cadavre et emporta les reliques que je vous ai adress\u00e9es. Malgr\u00e9 mes d\u00e9marches et mes efforts, je n&rsquo;ai pu d\u00e9couvrir aucun indice qui me permet de garder l&rsquo;espoir de retrouver les restes de notre cher disparu. Officiellement, son d\u00e9c\u00e8s est enregistr\u00e9 et l&rsquo;absence de s\u00e9pulture est constat\u00e9e officiellement \u00e9galement. Je sais que votre douleur va \u00eatre aggrav\u00e9e par ce que je vous apprends aujourd&rsquo;hui, mais je vous dois la v\u00e9rit\u00e9, elle m&rsquo;est tr\u00e8s p\u00e9nible \u00e0 moi-m\u00eame, et c&rsquo;est avec le c\u0153ur serr\u00e9 et angoiss\u00e9 que je vous trace ces lignes.&nbsp;\u00bb<br>\u00ab&nbsp;Je ne me rebute pas, je poursuivrai mes recherches sans me lasser, pourtant. Je vais continuer \u00e0 questionner, enqu\u00eater, mais les t\u00e9moignages sont suspects quand ils ne sont bas\u00e9s que sur des ou\u00ef-dire.&nbsp;\u00bb<br>\u00ab&nbsp;Je pense \u00e0 sa jeune femme, de laquelle Fernand aimait \u00e0 me causer avec cette \u00e9motion particuli\u00e8re aux gens qui aiment vraiment et profond\u00e9ment.&nbsp;\u00bb<br>\u00ab&nbsp;Vous connaissez, par les r\u00e9cits que j&rsquo;en ai faits \u00e0 vos parents, les circonstances quasi myst\u00e9rieuses qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la mort de Fernand. C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 l&rsquo;attaque du bois Trink, le jeudi 20 juillet, vers 7 heures \u00bd du matin. La section, en file indienne (Fernand, en qualit\u00e9 de caporal sous-chef de section, fermait la colonne), gagne par bonds l&#8217;emplacement qui lui est assign\u00e9. La section prend position, le sergent chef de section est tu\u00e9 aussit\u00f4t. On appelle Fernand pour succ\u00e9der \u00e0 son chef de groupe, on s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;il n&rsquo;est pas encore l\u00e0, il ne devait pas rejoindre, h\u00e9las&nbsp;!&nbsp;\u00bb<br>\u00ab&nbsp;Je me suis pos\u00e9 la question de savoir si Fernand n&rsquo;a pas eu le pressentiment de sa fin prochaine, voici pourquoi&nbsp;: depuis toujours, il \u00e9tait convenu entre nous que nous nous chargions de pr\u00e9venir les familles l&rsquo;un de l&rsquo;autre en cas de malheur. C&rsquo;\u00e9tait une promesse, un engagement formel dont nous n&rsquo;avions plus caus\u00e9 depuis que nous l&rsquo;avions pris, c&rsquo;est-\u00e0-dire depuis notre arriv\u00e9e au front. Nous avons fait Verdun ensemble, aucune allusion ne fut faite par l&rsquo;un de nous \u00e0 notre mutuelle promesse. Nous embarquons pour la Somme, le 20 juillet l&rsquo;attaque doit avoir lieu. Le 18, Fernand m&rsquo;\u00e9crit pour me rappeler mon engagement et m&rsquo;envoyer sa photographie que je ne poss\u00e9dais pas encore et il \u00e9crit \u00e0 sa femme la lettre qui se trouvait dans son portefeuille, alors qu&rsquo;\u00e0 Verdun cette id\u00e9e ne lui \u00e9tait pas venue&nbsp;! Ne sont-ce que des co\u00efncidences&nbsp;?&nbsp;\u00bb<br>\u00ab&nbsp;D&rsquo;humeur \u00e9gale, toujours froid et calme, j&rsquo;admirais le courage surnaturel avec lequel il supportait sa s\u00e9paration. Sa femme, sa ch\u00e8re Germaine, comme il aimait \u00e0 l&rsquo;appeler, et son cher petit, \u00e9taient les seuls sujets qui avaient le don de l&rsquo;\u00e9mouvoir et de le faire sortir de sa r\u00e9serve habituelle.&nbsp;\u00bb<br>\u00ab&nbsp;Je garderai fid\u00e8lement la m\u00e9moire de Fernand qui a \u00e9t\u00e9 pour moi un ami v\u00e9ritable. Bien que les chagrins l&rsquo;accablaient, il avait su me prodiguer les paroles qui consolent lorsque des accidents dans ma famille m&rsquo;avaient rendu si malheureux aussi, c&rsquo;\u00e9tait un grand c\u0153ur.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Georges et Fernand s&rsquo;\u00e9crivent au minimum une fois par semaine. Fernand lui \u00e9crit la veille de sa mort :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-cyan-blue-color has-text-color wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab&nbsp;19 juillet 1916<br>Mon cher Georges,<br>Il y a eu un changement au programme, si bien que nous sommes encore l\u00e0. \u00c0 mon sens, ce n&rsquo;est reculer que pour mieux sauter. Voil\u00e0 34 jours que nous sommes en premi\u00e8re ligne et d&rsquo;apr\u00e8s ce que je crois, nous irons s\u00fbrement \u00e0 36. Depuis 24 heures, nous avons \u00e9t\u00e9 pas mal \u00e9prouv\u00e9s&nbsp;: notre lieutenant, mon coll\u00e8gue chef de pi\u00e8ce, deux pourvoyeurs (deux fr\u00e8res tu\u00e9s par le m\u00eame obus). Depuis hier, je fais officiellement fonction de sous-officier adjoint au chef de section. Le grade s&rsquo;ensuivra peut-\u00eatre. Le principal, c&rsquo;est d&rsquo;en revenir&#8230; avec ses abattis au complet. Je te prie de croire que les Boches en face ont re\u00e7u quelque chose sur le coin de la figure. Toujours bonne sant\u00e9. Le vaguemestre est l\u00e0.<br>Bons baisers de ton fr\u00e8re. Fernand.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/47-Lettre-Capitaine-Charvet.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-211\" width=\"600\" height=\"795\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/47-Lettre-Capitaine-Charvet.jpg 564w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/47-Lettre-Capitaine-Charvet-227x300.jpg 227w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Lettre du Capitaine Charvet, capitaine au 273e r\u00e9giment d&rsquo;infanterie<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-vivid-cyan-blue-color has-text-color wp-block-paragraph\"><strong>28 mai 1917, extrait de la lettre de L\u00e9on Hippolyte \u00e0 Marie-Th\u00e9r\u00e8se : \u00ab&nbsp;J&rsquo;ai le bonheur de te faire part que Fernand a \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9 hier par Pr\u00e9vost Davion. Comme je lui disais cette semaine que je ne recevais pas mon autorisation pour aller \u00e0 Soy\u00e9court, spontan\u00e9ment, il s&rsquo;est offert \u00e0 s&rsquo;y rendre quand il irait dans ces parages avec ses officiers. Hier, il a demand\u00e9 au commandant qu&rsquo;il conduisait \u00e0 P\u00e9ronne la permission d&rsquo;aller rep\u00e9rer un de ses amis tomb\u00e9 au champ d&rsquo;honneur \u00e0 Soy\u00e9court. Aussit\u00f4t, l&rsquo;officier lui dit&nbsp;: Attends-moi dix minutes et je pars avec toi \u00e0 la recherche d&rsquo;un brave. Les voil\u00e0 donc en route. Arriv\u00e9s \u00e0 Soy\u00e9court selon les indications du minist\u00e8re, mais pas tout \u00e0 fait comme la chose exacte, ils ne trouvent rien. De guerre lasse, ils s&rsquo;appr\u00eatent \u00e0 abandonner quand le commandant s&rsquo;\u00e9crie&nbsp;: L\u00e0-bas, il y a une tombe.&nbsp; Aussit\u00f4t, ils y courent et s&rsquo;immobilisent devant une tombe sans inscription sur la croix. Au pied de la croix, il y avait une bouteille, le goulot enfonc\u00e9 en terre. Pr\u00e9vost retire la bouteille qui contient un billet ainsi con\u00e7u&nbsp;: 273<sup>e<\/sup>&nbsp;infanterie, Fernand Hippolyte, caporal mitrailleur, juillet 1916, plomb 34. Le doute n&rsquo;\u00e9tait plus possible, Fernand repose l\u00e0 en son dernier sommeil. Pr\u00e9vost a recopi\u00e9 le billet et l&rsquo;a remis dans la bouteille. L&rsquo;original de Pr\u00e9vost, je l&rsquo;ai envoy\u00e9 \u00e0 Germaine. Je fais faire une croix en ch\u00eane avec plaque de cuivre que j&rsquo;irai poser aussit\u00f4t mon autorisation. Quand il a rep\u00e9r\u00e9 Fernand, il en a pleur\u00e9 de joie, sachant le plaisir qu&rsquo;il me ferait. Ils ont eu la d\u00e9licatesse de fleurir la tombe de quelques fleurs des champs.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/48-Tombe-Fernand.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-212\" width=\"340\" height=\"421\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/48-Tombe-Fernand.jpg 272w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/48-Tombe-Fernand-242x300.jpg 242w\" sizes=\"auto, (max-width: 340px) 100vw, 340px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">L\u00e0-bas, il y a une tombe<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-vivid-cyan-blue-color has-text-color wp-block-paragraph\"><strong>14 juillet&nbsp;1917, extrait de la lettre de L\u00e9on Hippolyte \u00e0 son fils : \u00ab&nbsp;Journ\u00e9e terrible comme fatigue&nbsp;! Parti \u00e0 6 heures du matin pour Soy\u00e9court, et apr\u00e8s quelques recherches, je suis parvenu \u00e0 voir mon cher Fernand. Il a fallu le c\u0153ur d&rsquo;un p\u00e8re pour faire ce que j&rsquo;ai fait. Avec l&rsquo;aide des Boches, nous nous sommes mis au travail pour rechercher son alliance et sa montre. En vain. J&rsquo;ai fait fabriquer sur place, avec des planches de 1,5&nbsp;centim\u00e8tre d&rsquo;\u00e9paisseur, un cercueil dont j&rsquo;avais eu la pr\u00e9caution d&#8217;emporter des clous et ce qui \u00e9tait n\u00e9cessaire \u00e0 la fabrication. Apr\u00e8s ce travail, je l&rsquo;ai mis moi-m\u00eame avec les Boches dans son cercueil o\u00f9 il repose en paix jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 nous le transporterons ailleurs.<br>Sa tombe est dignement arrang\u00e9e, un beau gazon et une belle couronne. Il \u00e9tait \u00e0 60\u00b0 face contre terre, sans toile de tente, sa veste pourrie, la t\u00eate d\u00e9tach\u00e9e du tronc. Je ne vous fais pas plus de description, c&rsquo;est trop effrayant. J&rsquo;ai rapport\u00e9 son casque, son bidon encore plein d&rsquo;eau, sa ceinture, ainsi que sa plaque d&rsquo;identit\u00e9. Je suis revenu \u00e0 3&nbsp;heures, en plein soleil. Comme j&rsquo;\u00e9tais charg\u00e9, je croyais tomber sur la route. Il me faudra quelques jours de repos. \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/49-Germaine-et-fils.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-213\" width=\"433\" height=\"654\" srcset=\"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/49-Germaine-et-fils.png 475w, https:\/\/sylviehippolyte.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/49-Germaine-et-fils-199x300.png 199w\" sizes=\"auto, (max-width: 433px) 100vw, 433px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Deux orphelins et une veuve<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-vivid-cyan-blue-color has-text-color wp-block-paragraph\"><strong>13 f\u00e9vrier 1917, extrait de la lettre de Germaine Hippolyte \u00e0 Georges : \u00ab&nbsp;Mon Dieu, quelle cruelle d\u00e9ception que ce retour en France inoccup\u00e9e o\u00f9 j&rsquo;avais n\u00e9anmoins l&rsquo;espoir de retrouver mon cher Fernand. Je ne puis croire \u00e0 un aussi grand malheur&nbsp;! Marcel m&rsquo;a r\u00e9clam\u00e9 son p\u00e8re plusieurs fois. [&#8230;] Si vous saviez comme c&rsquo;est triste d&rsquo;\u00e9lever seule deux petits gar\u00e7ons&nbsp;! Enfin, que Dieu nous donne autant de courage qu&rsquo;\u00e0 celui qui est tomb\u00e9 si vaillamment pour sa France.&nbsp;\u00bb <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le blog de Herv\u00e9 Toulotte sur les 73<sup>e<\/sup> et 273<sup>e<\/sup> RI et le 6<sup>e<\/sup> RIT m\u00e9rite une visite. Il a r\u00e9pertori\u00e9 le parcours de guerre des hommes qui ont servi dans ces r\u00e9giments durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale.<br><a href=\"http:\/\/bethune73ri.canalblog.com\">http:\/\/bethune73ri.canalblog.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Son nom est grav\u00e9 dans la pierre du monument aux morts de Bapaume parmi les 96&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-214","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ma-chere-marie-therese"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/214","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=214"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/214\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":445,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/214\/revisions\/445"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=214"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=214"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sylviehippolyte.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=214"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}